Ariane Mnouchkine et le Kabuki

Avr 24, 2012 by

Dans le cadre de l’exposition consacrée au Kabuki, un cycle de conférences est proposé par la fondation Bergé-Saint Laurent. Ariane Mnouchkine est venue le 17 avril dernier pour expliquer l’importance des influences du théâtre japonais Kabuki dans les recherches du théâtre du Soleil. La conférence intitulée « le kabuki, un trésor pour le théâtre du Soleil » a été filmée par la fondation, nous pouvons donc vous la proposer.

Le Théâtre du Soleil, des traditions orientales à la modernité occidentale

« Pour trouver les formes qui nous permettent de dire le monde d’aujourd’hui (héritier et pas tout à fait différent des mondes d’hier), nous avons besoin de nous ressourcer aux origines du théâtre, à ses traditions. L’Orient a orienté notre travail, comme il a orienté le travail d’autres avant nous, et aujourd’hui encore… » (site du théâtre du Soleil)

L’opposition « Occident »/ »Orient » est à déconstruire tout de suite. Où commence l’Orient ? Où finit l’Occident ? Plutôt que de flécher la pensée « de…à » (« des traditions orientales à la modernité occidentale »), pensons les traditions orientales « dans », « avec » la modernité occidentale. On ne peut aujourd’hui mettre ensemble « Occident » et « modernité » d’un côté, « Orient » et « tradition » de l’autre. L’Inde ou la Chine sont les grands fournisseurs de nouvelles technologies !

D’ailleurs, la modernité même, par définition, est un mouvement qui déconstruit toutes les oppositions. Elle fait disparaître l’opposition « Occident »/ »Orient », de même que l’opposition « tradition »/ »modernité » : elle montre l’interaction, comment l’héritage se transforme en modernité. Au théâtre, le passé est présent. Il s’agit de déplacer le concept de mémoire comme réservoir de passé en « khora » (comme dirait J. Derrida), c’est-à-dire une sorte de matrice, un espace ou un support qui soutient et accueille, qui permet l’existence de ce qui vient.  Le théâtre, en évoquant certains thèmes ou scènes du passé, les fait apparaître comme pouvant se reproduire demain. Le théâtre opère par métaphores : une action peut en figurer une autre, éloignée dans le temps ou l’espace.     Hélène Cixous  (le bacausoleil)

 

 

Réservation obligatoire :
conferences@fondation-pb-ysl.net ou 01 44 31 64 17 / 19

Conférences à suivre :

Aurélie Samuel
commissaire de l’exposition Kabuki
Se vêtir au Japon, de la ville à la scène       
Jeudi 10 mai 2012 à 19h

Aurélie Samuel est historienne de l’art, spécialiste des arts décoratifs asiatiques.

Après avoir travaillé cinq ans comme chargée de mission à la section japonaise du musée Guimet, elle est en charge, depuis 2008, des collections Textiles de cette institution.

Aurélie Samuel a été, en outre, commissaire des expositions Au Fil du Dit du Genji – Hommage à Maître Yamaguchi en 2009 ; Costumes d’Enfants, Miroir des Grands au musée Guimet en 2010 et Enfants de Chine, Petits Tigres et Jeunes Dragons au musée des Arts asiatiques de Nice en 2011 (exposition visible jusqu’au 15 mai 2012).


Nelly Delay
historienne de l’art
L’influence du Kabuki sur l’essor de l’estampe japonaise 
Mardi 19 juin 2012 à 19h

 

Nelly Delay est historienne d’art. Elle a organisé à Paris des manifestations d’art japonais, de 1974 à 1984, pour lesquelles elle a publié des textes sur des sujets peu explorés. De plus, elle se consacre à des publications et à des conférences. Elle est l’auteur, entre autres, de Japon éternel (Découvertes, Gallimard 1998) et de L’Estampe japonaise (Hazan, 1993), réédité en 2004 à l’occasion de l’exposition sur l’estampe japonaise au musée Guimet.

Dans l’art du théâtre traditionnel kabuki, des comédiens à la gestuelle très expressionniste prennent des poses et communiquent par des sons, selon une technique vocale très pointue. Sous leur épais maquillage, ce qui les distingue, ce sont avant tout leurs costumes. Des kimonos hauts en couleur, en satin de soie, fils d’or et broderies, aux volumes impressionnants, qui donnent toute leur prestance aux personnages. L’ensemble des pièces du XVIIe siècle, présentées dans un élégant décor laqué rouge, provient de la société japonaise Shôchiku Costume, qui produit depuis 1895 des spectacles traditionnels japonais. Parfaitement conservés, ces kimonos sont portés par des acteurs de kabuki aujourd’hui encore.

 

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