Une histoire discrète de la silhouette

Juin 26, 2013 by

Savez-vous qu’une époque ou une période ( laps de temps plus court) se définit par sa silhouette ? Ce sont les silhouettes féminines qui restent le grand indicateur des changements, car c’est par la maîtrise de ces dernières que nos chers hommes ont imprimé leur suprématie. Contraintes, mises en cage, difficultés multiples  à se déplacer ont donné de nous, au cours des siècles une image de la femme idéale. C’est encore sur cette mécanique que surf la mode en essayant de nous imposer ses normes. Cependant les lecteurs de Barthes et autres sociologues auront compris qu’aujourd’hui la mode ne dicte que peu ou prou : elle ne fait que traduire les règles édictées par la société en proposant sa propre traduction de ces dernières. Mais les dessous, ah! les dessous ! ils modèlent  la silhouette mais sont aussi vecteur d’érotisme. A tout montrer plus rien ne titille la curiosité, donc le désir passe par des chemins de plus en plus tordus. Pour que cela marche, il faut que l’imagination puisse avoir son mot à dire. Gageons qu’ hommes et femmes qui aujourd’hui se connaissent par cœur vont réinventer tout cela afin que surprise et émotion puissent de nouveau fonctionner joyeusement. D’ailleurs, n’avez vous pas remarqué que les culottes gainantes ont repris le dessus et chassent le mini string ? Elles n’ont plus les affreuses couleurs « chairs »  ( aujourd’hui on dit nude pour être dans le vent)  de celles de nos mères et grands-mères qui devaient oublier d’être sexys…

Bon bref, tous les costumiers et costumières vous le diront : une silhouette réussie ancre un costume, un personnage dans une époque parce que le corps ainsi modelé renvoie comme signe à une référence précise, alors on court à l’exposition qui démarre le 5 juillet : la mécanique des dessous et vous découvrirez que les messieurs aussi ont porté le corset et autres petites anecdotes savoureuses.

« Autour de 200 pièces d’exception, nous sommes conviés à découvrir la mode d’antan et ses diktats, soulignant ainsi les artifices de vigueur selon les époques.

De la gaine au corset bien connus des femmes, en passant par des artifices aux noms peu attrayant tels le « faux-cul strapontin » ou les slips-gaines que portaient les hommes au XIXe siècle, la Mécanique des Dessous nous initie aux divers « attelages » en vigueur dans l’aristocratie et la bourgeoisie des XVIè au XXème siècles.

La rétrospective indiscrète des dessous que nous propose les Arts Décoratifs ne se termine pas au XXème siècle, en dévoilant des créations de Thierry Mugler, Vivienne Westwood,Comme de Garçons ou bien Christian Lacroix, qui continuent d’user de ces artifices pour des défilésaffolants !

Les dessous cachés rendent compte des sociétés et des signes de pouvoir, et leur évolution peut être analysée comme une modification des comportements et même des mentalités : l’exposition prête à voir de drôles de pièces, comme les braguettes proéminentes de la Renaissance, ou bien les corsets « taille de guêpe » qui semblent avoir dicté une norme dans le mannequinat.

Le Musée des Arts Décoratifs ne souhaitant pas que les visiteurs restent spectateurs, divers mannequins nous attendent pour essayer les dessous des diverses époques : crinolines, corsets et de
paniers du XVIIIe siècle attendent les femmes qui, faute d’essayer des robes d’époque,  pourront imaginer la silhouette que dessinent ces dessous. » ( dossier de presse)

C’est aux ARTS DÉCORATIFS 107 rue de rivoli à Paris, jusqu’au 24 novembre.

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