Norma Jean Baker dite Marilyn Monroe

Août 13, 2012 by

En Occident lorsqu’une femme comédienne, actrice, danseuse ou chanteuse laisse transparaitre outre ses qualités professionnelles sa beauté  et que sa sexualité est perceptible alors, elle ne le sait peut-être pas mais elle représente un danger potentiel pour la gent masculine qu,i paradoxalement,  cherchera sans cesse à se l’approprier. Les hommes de pouvoir  tenteront de la posséder car alors elle sera la démonstration en acte de leur toute puissance et elle devient ainsi attribut du pouvoir car ils auront pu la dompter. Alors l’équation pouvoir – richesse-sexualité aura été posée. Sublimes inconnues présentes sur des scènes célèbres, starlettes, vedettes de cinéma, le seul moyen de se protéger à minima est le changement de nom. Ce changement constitue une forme de protection symbolique censée séparer  la personne du rôle qu’elle incarne. Ainsi au music-hall, c’est lorsque la formation s’achève que la future girl est rebaptisée. Ce changement témoigne aussi de l’entrée dans un nouveau groupe social lié au divertissement. Mais comme le personnage s’expose aux regards d’autrui le manque de vigilance peut mettre la personne en danger. Une situation schizophrène où à tout moment, et  en fonction de la notoriété de la personne, le  double peut prendre la place dans sa totalité…

Dans l’Amérique puritaine  des années 50, Norma Jean Baker devenue Marilyn Monroe cristallise les fantasmes masculins et symbolise la femme dégénérée car apparemment libre de son corps et de sa sexualité. Le poids de la chrétienté pèse sur  l’inconscient collectif et la religion a posé un clivage monolithique entra la femme saine et la femme dégénérée ou pour faire court, la Maman et la Putain.  Marilyn est un danger pour les hommes car elle incarne aussi la femme libre. Tant et si bien qu’elle devient une idole paienne pour ceux qui la désirent et les femmes qui encore aujourd’hui essaient de lui ressembler

Ce fonctionnement rapporte de l’argent Norma Jean va donc céder définitivement la place à Marilyn. Le cinéma n’aura de cesse de l’exposer au sens propre et au sens figuré. Les costumes qu’elle porte dans chaque film le prouvent.

Lorsque Certains l’aiment chaud (Billy Wilder, 1959) sort, dans le Kansas puritain la comédie n’est autorisée qu’aux adultes en raison des tenues créées par Orry-Kelly, en particulier la tenue de scène de la belle Marylin qui dévoile considérablement son buste même si celui –ci est recouvert d’un haut en gaze  où sont placés de façon stratégiques quelques perles et strass afin de passer la censure .

La scène de la bouche de métro est devenue légendaire, la robe aussi, car une fois de plus les formes voluptueuses sont offertes et une robe portée par une déesse païenne  à la même sorte de valeur que le manteau christique. Signée du costumier américain William Travilla, la célèbre robe blanche plissée, qui a fait de Marilyn un sex-symbol et offert au septième art l’une de ses scènes les plus mythiques, était la pièce la plus prestigieuse de la vente Debbie Reynolds ( actrice et collectionneuse) de juin 2011, où elle a été adjugée 4, 6 millions de dollars !

La dernière robe dont nous parlerons conjugue le spectacle et le spectaculaire, c’est le happening du fameux Happy Birthday Mister Président. Fabriquée selon les maquettes du couturier français Jean Louis Berthault devenu créateur de costumes pour le cinéma et répondant au surnom de Jean Louis qui le lui créa à sa demande. C’est le créateur -costume des stars : on lui doit Gilda par exemple. Il a aussi habillé Elizabeth Taylor Joan Crawford, Déborah Kerr… Marilyn a déjà effacé Norma Jean et pour son président adoré, elle veut une robe unique, la plus sexy au monde qu’elle seule pourra porter. Jean Louis  invente une robe fourreau composée de vingt couches de soie, brodée de millier de strass. Dix-huit couturières y travaillent sans relâche pendant une semaine complète. La suite est connue de tous, la robe ne peut être enfilée tant elle équivaut à une seconde peau et elle doit-être terminée sur elle. Belle symbolique de la personne définitivement possédée par son personnage. Une robe qui couta 12 000 dollars et fut revendue aux enchères 1 million de dollars, tant elle cristallise toujours le rêve.

          

Mais pour que Marilyn soit éternelle, Norma-Jean  vidée de son humanité a dû mourir…

Aujourd’hui Marylin Monroe est plus présente que jamais, jeune, belle pour l’éternité, elle est toujours une référence pour les jeunes filles qui continuent de punaiser des posters la représentant dans leur chambre. Comme nous le rappelions au moment du festival de Cannes, Marylin rapporte encore chaque année ( à qui ?) plusieurs millions de dollars, confirmant que si la femme est morte, l’idole n’en finit plus de ressusciter.

S.Perault pour le CERPCOS

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