Les écrans à main : des objets d’art en carton du XVIIIe siècle

Juil 10, 2013 by

 

Par Nathalie Rizzoni, ingénieur de recherche au CELLF 17e-18e – Université Paris-Sorbonne et CNRS

 

Accessoires indispensables du Siècle des Lumières, révélateurs d’une histoire des mentalités, les écrans à main, destinés à protéger la peau des éclats du feu, sont devenus aujourd’hui des objets rares et précieux. Comme les éventails, ils ont eu la faveur des plus grands peintres.

Ce passionnant article est  dans le magazine l’objet  d’art  en juin 2013

Le tableau Dame attachant sa jarretière, et sa servante (1742, également appeléLa Toilette), conservé au musée Thyssen-Bornemisza de Madrid, est certainement l’unedes oeuvres de François Boucher les plus reproduites etles plus connues au monde. On ne se lasse pas d’y observer

les détails qui révèlent, dans un instantané particulièremen tréaliste, l’intimité du boudoir d’une jeune femme occupée à fixer son bas. Tout y participe de l’esthétique rococo du peintre, jusqu’au petit écran figurant au premier plan qui parachève le décor. S’il semble avoir été négligemment posé sur le sol, il n’en est pas moins représenté par l’artiste avec le plus grand soin : on remarque son manche en bois effilé de simple facture, le minuscule ruban attaché au bout du manche pour le suspendre le long de la cheminée, la forme polylobée de la feuille de carton, la bordure décorative de la gravure collée sur la feuille ainsi que son motif central où se devinent les silhouettes d’un couple. Ces détails témoignent de la familiarité de François Boucher avec cet objet dont la représentation si précise ajoute au tableau une valeur documentaire. […] La suite en se procurant le magazine et en se précipitant pages 66-71

 

 

BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE DE NATHALIE RIZZONI SUR LE SUJET

 

– “Écrans à main pour célébrer la naissance du Dauphin (1781)”, catalogue de l’exposition Marie-Antoinette, femme réelle, femme mythique, C. Seth et É. Maisonnier (éds.), Paris/Versailles, B.M. de Versailles/Magellan et Cie, 2006, pp. 111-115.

– “De la scène à l’écran au XVIIIe siècle : Les Petits Comédiens de Charles-François Pannard”, colloque Iconographie théâtrale et genres dramatiques en l’honneur de Martine de Rougemont (Paris, 2005), G. Declercq et J. de Guardia (éds.), Paris Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2008, pp. 65-95.

– “An Exceptional and Unpublished Series of Eighteenth-Century Theater By-Products : the Handscreens and Fan of Blaise et Babet, A Play by Monvel and Dezède (1783)”/“Une série exceptionnelle et inédite de produits dérivés du théâtre du XVIIIe siècle

: les écrans à main et l’éventail de Blaise et Babet, une pièce de Monvel et Dezède (1783)”, colloque CÉSAR/Clark Art Institute, Visions de la scène : théâtre, art et représentation en France, 1600-1800 (Williamstown, Mass., 2008), M. Ledbury, M. Bannister et J. Ravel (éds.). Publication électronique, 2009,

sur le site CÉSAR (http://cesar.org.uk/cesar2/conferences/conference_ 2008/rizzoni_08fr.html)

– “Quand les arts décoratifs s’invitent au Parnasse : le rhizome de Fanfan et Colas, de l’abbé Aubert à Voltaire”, Séries et variations. Études littéraires offertes à Sylvain Menant, L. Fraisse (éd.), Paris, PUPS, 2010, pp. 617-632. (“Lettres françaises”).

– “Grand succès sur petits écrans au XVIIIe siècle : Les Deux chasseurs et la laitière d’Anseaume et Duni (d’après

La Fontaine)”, Le Livre du monde et le monde des livres, Mélanges en l’honneur de François Moureau, G. Ferreyrolles et L. Versini (éds.), Paris, PUPS, 2012, pp. 353-396.

 

 

 

 

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