Gilles Jacob et la fiction historique au FIFFH

Sep 22, 2015 by

Narbonne propose  son festival de la fiction historique le  FIFFH, Festival International du Film de Fiction Historique qui a démarré  le 21 septembre. En attendant les costumes de la série Versailles dont vous allez beaucoup entendre parler dans peu de temps. En attendant quelques points de vue croisés : celui de Gilles Jacob d’abord. Madeline Fontaine, créatrice des costumes de la série  sera l’invitée d’une masterclass ce vendredi 25 septembre pour parler de sa démarche. Nous vous proposerons ultérieurement un article spécifique à ce propos puisque nous avons suivre des moments de la création.

Les costumes de la série sont exposés à cette occasion,e du 19 au 30 septembre.

Tournage de la série "Versailles" de Jalil Lespert  pour Canal +

Tournage de la série « Versailles » de Jalil Lespert pour Canal +

Elle présente une dizaine de costumes sera proposée au musée d’art et d’histoire dans le cadre majestueux du palais des Archevêques.

Les propos de Gilles Jacob recueillis par le FIFFH

Gilles Jacob, Président du Festival de Cannes de 2001 à 2014 et premier soutien du FIFFH, revient, lors d’un entretien à un mois du festival, sur sa passion pour les films de fiction historique ainsi que sur ses principaux coups de cœur.

Si vous deviez citer un film de fiction historique qui vous a marqué dans votre jeunesse, lequel citeriez-vous et en quoi vous a-t-il marqué ?

La Marseillaise. Parce que le talent de Jean Renoir, nous changeant des stéréotypes, en fait un film profondément humain. Le travail à la caméra et sur l’acteur – particulièrement son frère Pierre – laisse une trace ineffaçable, même après des années.

Quels films marquants de cette thématique, découverts à Cannes, ont marqué leur époque par un regard posé sur une période historique à un moment précis ?

L’homme de fer et L’homme de marbre, signés par le même Wajda, qui ont tous deux représenté un moment important de l’Histoire polonaise récente, Solidarnosc, Walesa, etc., dans un style de cinéma très « actualités », caméra à l’épaule, recadrages incessants, acteurs parfaits : du cinéma moderne sur l’Histoire en train de s’écrire.

Comment peut-on expliquer le caractère « éternel » de certaines fictions historiques ?

Le caractère éternel d’une œuvre d’art ne s’explique que d’une manière : le talent. Je le placerai avant la vérité historique, étant entendu qu’il est plus facile de reconstituer d’après tableau ancien la cotte de mailles d’un chevalier que la gâche de la serrure que bricole Louis XVI au lieu de s’occuper de son peuple affamé.

Le message perçu dans une fiction est-il différent de celui d’un documentaire de la même thématique ?

Ce qui m’intéresse, c’est que la fiction soit tournée comme un documentaire (ex. : L’aurore de F. Murnau, scène du petit cochon évadé) et qu’un documentaire le soit comme une fiction (L’homme à la caméra de D. Vertov).

Pourrait-on dire que la fiction historique est un genre cinématographique universel qui s’inscrit dans l’Histoire, mais aussi dans l’avenir du cinéma ?

Oui, puisqu’il s’intéresse au destin des hommes.

 

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