Qu’est-ce que c’est ?
Le costumier brodeur applique des paillettes et/ou des perles ainsi que des strass sur différents matériaux, en général du tissu afin de décorer un costume. Une des originalités de la broderie, est l’ordre des étapes par lequel la procédure à lieu : le tissu est d’abord décoré avant d’être taillé puis cousu. La Maison Vicaire réunissait plusieurs fonctions sur un même site : la broderie, bien sûr mais aussi la coupe du costume de scène ( la spécialité « tailleur de spectacle » est aussi devenue une activité rare), ainsi que la couture.
Qui fait quoi ?
Différents savoir –faire existent : tous ceux que l’on trouve dans un atelier de couture ordinaire, avec en sus un ou une styliste chargé des dessins et motifs à broder qui va donc préparer l’ouvrage et les nuances de couleur en paillettes ainsi qu’une équipe de brodeuses.
Etapes de fabrication
. Le piquage.
Il s’agit de faire de minuscules trous sur un calque spécial afin que l’on puisse reproduire le motif souhaité sur le tissu grâce à une poudre.
.Le Ponçage.
A l’aide de « noir à fresque » ou d’un produit équivalent, le motif souhaité est reproduit sur le support choisi.
. Choix des fils.
Les matériaux, les couleurs sont ensuite choisis en accord avec la commande passée.
.La Broderie.
Le tissu est posé sur un métier à broder, le motif est sous les yeux de la brodeuse, elle applique la paillette sur l’envers du tissu et l’accroche grâce aux fils choisis et son crochet de lunéville. La technique est spectaculaire car elles ne voient pas les paillettes qu’elles appliquent, la majeure partie du travail se fait au toucher.
Témoignages
« Il y avait plusieurs spécialités chez Vicaire : les costumes homme et femme pour les variétés, les costumes de clown blanc mais aussi des bijoux il y a même eu une période où nous avons fait des rideaux de scène. La broderie était notre spécialité et nous étions connus jusqu’aux Etats – Unis.
Lorsqu’un décorateur avait toute une production à assurer, il pouvait venir chez nous et tout suivre sur place dans les différents ateliers. Une des spécialités de la maison était la fabrication de costume de clown, il faut compter environ 245 heures de travail à l’ensemble des équipes et un passage auprès de chaque corps de métier. »
Gérard Vicaire, costumier - brodeur.
Les brodeuses lunévilleuses sont les premières à passer à l’action. Elles doivent leur drôle de nom au crochet qu’elles utilisent pour «pailleter» le tissu : l’objet a été inventé au début du vingtième siècle pour travailler plus rapidement et répondre au besoin de la haute couture lancée par Paul Poiret. Il n’était fabriqué autrefois qu’en la ville de Lunéville.
« La dessinatrice leur fournit les motifs tracés sur le tissu qui n’est pas encore taillé afin d’être tendu sur le métier à broder, ainsi que les paillettes choisies (grosseurs/couleurs)
Les lunévilleuses doivent faire preuve d’habileté et de dextérité car elles ne voient pas le travail qu’elles exécutent : elles brodent sur l’envers du tissu. » Ensuite l’erreur est inadmissible car elle annulerait de longues heures de travail minutieux. Dans le cas d’un habit brodé, l’assemblage est cousu main afin de préserver perles et paillettes.
Les origines
- LA CORPORATION DES BRODEURS.
Le corps des brodeurs fut réuni en communauté en l’an 1272 par Etienne Boileau, prévôt de Paris sous les noms de Brodeurs - découpeurs – égratigneurs - chasubliers.
Leurs statuts ont varié suivant les modes et les circonstances. Les dernières transformations eurent lieu en 1719.
Les brodeurs ont toujours été appréciés au cours des règnes successifs.
Des règles strictes entouraient l’exécution de la broderie par exemple, il était interdit d’employer dans un même morceau de broderie:
« Partie d’or ou d’argent fin et partie d’or ou d’argent faux, il faut ou tout un ou tout autre ».
Il existait huit privilèges de brodeurs, indépendant de la communauté et seulement du ressort de la prévôté avec titre de Brodeurs du Roi et suivant la cour.
La broderie concerne alors le vêtement mais aussi le mobilier et la décoration.