PERRUQUIER

Qu’est-ce que c’est ?
Le perruquier est généralement concepteur et fabriquant de perruques, postiches, barbes et moustaches, quelle que soit l’époque évoquée ou l’astuce souhaitée. Il travaille évidemment en accord avec le décorateur au théâtre ou le réalisateur au cinéma, à la télévision et dans la publicité. Pour réaliser les différents éléments cités il pourra utiliser des cheveux naturels, des fibres synthétiques ou du poil de yack (bovidé asiatique). Ce dernier matériau est utilisé essentiellement pour fabriquer les perruques XVIIème et XVIIIème car le cheveu humain blanc est rare, cher et souvent en mauvais état.
Il met en location des perruques en raison du coût élevé du produit à la vente.
Qui fait quoi ?
Dans l’atelier un perruquier ou une perruquière est capable d’assurer les différentes étapes de fabrication, cependant lorsque les ateliers étaient de taille importante, chaque étape avait un ou une spécialiste.
Ensuite l’appellation perruquier va indiquer différentes fonctions selon le lieu où il officie :

.Dans les lieux lyriques (opéras …) le perruquier fabrique et entretient mais c’est le coiffeur – perruquier qui est chargé du suivi de la perruque.
. A la télévision, la perruque est fabriquée dans un atelier de perruquier indépendant mais ce sont souvent les coiffeurs – perruquiers voire les maquilleurs qui posent la perruque.
.Au cinéma, c’est le chef-coiffeur qui dirige une petite équipe de coiffeur perruquier mais un maquilleur peut aussi être formé à la pose des postiches, sourcils, barbe et moustache.
. Au théâtre, le costumier ou le décorateur donne au perruquier les maquettes des costumes. Le perruquier conseille et évalue le prix de revient de la perruque et postiches en fonction de la forme, nature des cheveux et quantité demandée. La pose et le suivi est aussi effectuée par coiffeur perruquier voire une habilleuse.
Certains théâtres ont encore un perruquier sur site mais aujourd’hui, cela est de plus en plus rare.
Etapes de fabrication
Des étapes de fabrication précises entourent le montage d’une perruque en cheveux naturels.

La prise de mesures.
La tête a qui est destinée la perruque est soigneusement mesurée en volume, (tour de tête, départ de l’implantation front jusque la nuque…) afin d’établir un patron en à plat (l’équivalent d’une toile en couture) qui sera en cellophane. Lorsque celle ci est juste, le filet à tisser est monté aux mesures retenues.

La fabrication du bonnet : Elle est faite grâce au patron de cellophane, qui posé sur une tête en bois, permet une traduction en tulle qui servira à implanter le cheveu. La couleur du tulle dépend de la couleur de la peau afin de rendre les raccords invisibles.
En fonction de la destination théâtre ou cinéma, les mailles seront plus ou moins large. Au théâtre, la distance permet d’utiliser du tulle à mailles larges, au cinéma, les gros plans exigent de la maille fine et serrée qui donnera l’illusion du vrai

La pesée.
L’écheveau de cheveux naturels est pesé (Un (e) perruquier ( e) expérimenté (e)est capable de savoir au poids la surface qu’il va recouvrir : tête complète ou demi tête.

Le cardage.
L’écheveau de cheveux est passé plusieurs fois dans une brosse large métallique afin d’éliminer les cheveux trop courts et d’effectuer une sorte de démêlage.

Le douillage.
Il s’agit de mélanger plusieurs tons de cheveux d’une même qualité afin d’obtenir la nuance déterminée avec le commanditaire. A cette étape de la préparation une partie des cheveux sélectionnés peuvent être recolorés.

L’implantation.
C’est une technique manuelle qui se fait cheveu par cheveu avec un crochet spécifique. Elle consiste à recouvrir le bonnet cheveu par cheveu en effectuant un nœud à l’aide dudit crochet. Le perruquier oriente l’implantation du cheveu : de gauche à droite, vers le bas et vers le haut. La partie frontale est la plus délicate et est faite le plus finement possible. Pour couvrir rapidement une surface importante, comme l’arrière de la tête (ou calotte) Il peut y avoir implantation de plusieurs cheveux par maille, ( mais nœuds plus gros = crochet plus gros ) ou bien une bande de tresse (weft). La tresse est ensuite montée de façon mécanique : les cheveux sont piqués à la machine et cousus sur les parties élastiques du bonnet.

L’entretien de la perruque et son devenir.
La perruque est nettoyée avec un shampoing doux, un démêlant ou bien une lessive et un adoucissant. Les cheveux sont lavés, noués et démêlés doucement c’est une opération délicate qui peut abimer ladite perruque. Elle doit ensuite être recoiffée : le perruquier qui a fabriqué l’objet en assure en principe le suivi : refournit en cheveux les parties dégarnies.

D’autant que le coût à l’achat étant élevé le cinéma paie une fabrication mais restitue la perruque en fin de tournage : le prix de revient est ainsi moindre et la perruque pourra être relouée pour d’autres tournages.
Témoignages
Rencontre effectuée par le groupe Tsé et aborde la façon dont le perruquier va travailler par rapport à une maquette.

« Il faut toujours faire une interprétation de la maquette car en général elle n 'est pas assez précise, il faut toujours la traduire. Nous proposons alors au décorateur une maquette construite. Nous la lui apportons et nous rediscutons des tailles, des couleurs etc.
Pour Jacques Dupont par exemple, c'est très difficile de réaliser exactement sa maquette parce qu'elle est très belle en tant que réalisation picturale mais souvent floue.
J 'ai travaillé avec Chagall lorsqu'il a fait Daphnis et Chloé à l 'Opéra. Le dessin n 'était pas très précis non plus alors nous nous sommes rencontrés souvent. J 'avais pris toute une gamme de couleurs et il a fait lui même ses couleurs.[...]Ce que font les décorateurs est plus proche de la peinture que de la maquette .Il y a toujours l 'inspiration du peintre qui transperce à travers la maquette.
Le maquettiste professionnel dessine de façon très précise. Les grands peintres comme Derain ont un peu brisé les barrières du fameux maquettiste qui travaillait au millimètre près. Ainsi ils ont permis d 'autres techniques car nous avons été obligés de trouver d'autres matières; Un peintre comme Daydé à apporté des choses importantes parce qu 'il est arrivé avec des idées neuves.

Du fait de l 'influence du peintre sur la conception du spectacle, même les maquettistes en sont venus petit à petit à cette interprétation de la peinture. »
Denis Poulin : « « Autrefois, les perruques avaient des fronts en gaze ou en soie naturelle, les comédiens et les acteurs remaquillaient par dessus. On ne peut absolument plus s’en servir : les soies ont brûlé. Là je reviens de l’Opéra, on regardait les stocks, il y a plein de perruques qui sont complètement pourries. Cela a été de belles perruques, elles ont été faites à la main. Il faudrait avoir le temps dès que quelqu’un utilise une perruque, dès la sortie de scène, de la retirer et de la laver immédiatement, la remettre en plis et la ranger. Malheureusement, on n’a pas le temps » Enquête de S. Perault 1997.
Les origines LES BARBIERS PERRUQUIERS.
Fonction au dix - septième siècle et dix - huitième siècle.
« Les cheveux en général sont sujets à bien des accidents et des défauts qu’il falloit supporter ou du moins pallier [...] non seulement les personnes âgées mais ceux qui ne le sont pas encore, deviennent chauves avant le temps : il falloit donc se résoudre à porter des calottes, coëffure triste et platte [...] Ce fut pour remédier à ce désagrément qu’on imagina au commencement du roi Louis XIII d’attacher à la calotte des cheveux postiches qui parussent être les véritables. »

(Art de l’habillement, St Aubin, Nollet, Réaumur, Duhamel, Dumonceau, Perronet, Garceau. Genève Slatkine réédition. Dictionnaire historique des métiers et profession, A. Franklin, J. Laffitte 1987)
St Aubin, Nollet, Réaumur, Duhamel, Dumonceau, Perronet, Garceau. Genève Slatkine réédition. , A. Franklin, J. Laffitte 1987)

Enfin on parvint à copier une chevelure entière. La découverte eût tant de succès que Louis XIV créa en 1656 quarante huit charges de barbiers perruquiers suivant la cour.
200 autres sont créées en faveur du public.
Colbert, s’apercevant que des sommes considérables sortaient du royaume pour acheter des cheveux à l’étranger, voulut abolir le port de la perruque.
Le corps des barbiers perruquiers fit alors valoir que c’était un art nouveau « lequel n’avoit pas encore passé dans les états circonvoisins tel l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre etc. »Et que les envois de perruques qu’ils faisaient surpassaient la dépense de beaucoup et faisaient entrer dans le royaume des sommes considérables. Ils sauvèrent ainsi leur récente corporation. Au XVIIIème siècle on compte 850 charges de barbiers, perruquiers, baigneurs, estuviers.

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