Expo Jacques Demy, c’est parti

Avr 9, 2013 by

Expo Demy, c’est parti

Ce soir 9 avril, avait lieu l’inauguration de l’exposition Le monde enchanté de Jacques Demy où un public nombreux s’est pressé. Une exposition charmante où on navigue dans l’univers  que le réalisateur a su si bien partagé, ce qui lui vaut encore aujourd’hui des fans de tous âges qui – semblent-ils – connaissent par cœur les passages les  plus fameux de films inoubliables comme les Parapluies de Cherbourg, les Demoiselles de Rochefort ou bien encore Peau d’Âne. Chacun charmé, au sens propre comme au sens figuré semblait heureux de réactiver ce monde, à mi-chemin entre les rêveries d’enfance et la poésie. Mais c’est l’omniprésence de la couleur, de la musique et des chansons  qui en devenant une signature,  créent un environnement unique où on va et vient avec plaisir. Un univers qui traite pourtant de sujets graves et sans légèreté comme la guerre, le désir  et la réputation, dans les Parapluies, l’inceste qui semble un discret fil conducteur que l’on retrouve dans différentes œuvres de son premier court la luxure en passant par Lola et évidement  Peau d’Âne ainsi que  trois places pour le 26 (se référer pour cela à l’excellent article du  de Raphaël Lefèvre : le puritain malicieux, Jacques Demy et le sexe (http://www.critikat.com/Jacques-Demy-et-le-sexe.html). C’est sans doute la manière de dire et de faire qui nous permet – comme dans les contes –  de parler de choses graves et surtout d’imaginer que la fin sera peut-être heureuse, si nous le voulons car nous y participons pleinement même si nous avons tous de temps en temps besoin d’une fée des Lilas. Une agréable promenade, donc, qui reconstitue les différentes périodes de vie de Demy –américaine comprise- où le néophyte découvre un tout jeune Harrison Ford qui pressenti pour Model shop témoigne de sa rencontre. C’est d’ailleurs le seul « manque » que l’on peut éprouver, en dehors de Ford aucun témoignage de ses acteurs fétiches, on eut aimé entendre l’avis de Catherine Deneuve,  Jacques Perrin, Anouk Aimé ou Jeanne Moreau …, peu de traces aussi de Jacqueline Moreau créatrice costumes des monuments Les Parapluies et Les Demoiselles. On notera pour les fans de costumes que nous sommes, la reconstitution des trois robes de Peau d’Âne :

 

Couleur du temps, couleur de Lune et couleur de Soleil ainsi  celui de Lola du film au titre éponyme. Le public était aussi parti-prenante de l’expo et l’observer un vrai plaisir, ainsi ces deux petites filles fans des demoiselles dont la plus jeune défit avec grâce son chignon : sa sœur ou amie venant de constater qu’elle ressemblait fort au portrait de Deneuve qui représente l’idéal féminin du marin Maxence. Moment précieux qui montre que le rêve continue.

Sylvie Perault

Une bibliographie proposée par Raphaël Lefèvre :

Serge TOUBIANA, « Jacques Demy ou le bel entêtement » (éditorial), Cahiers du cinéma n° 438, décembre 1990, p. 5
Jean DOUCHET, « Entrechats et loup », Cahiers du cinéma n° 438, décembre 1990, p. 53
Xavier CARRÈRE, « Demy ou la fêlure », Trafic n° 14, printemps 1995, p. 114
Jean-Pierre BERTHOMÉ, Jacques Demy et les racines du rêve, éd. L’Atalante, Nantes, 1996
Camille TABOULAY, Le cinéma enchanté de Jacques Demy, Paris, éd. Cahiers du cinéma, 1996
Jean-Marc LALANNE, « Noirceur et féerie de Jacques Demy », Cahiers du cinéma n° 511, mars 1997, p. 60
Philippe COLOMB, « L’étrange Demy-monde », Q comme queer : les séminaires Q de 1996-1997 (dir. Marie-Hélène BOURCIER), éd. Cahiers GKC, coll. Question de genre, 1998, p. 39

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