Edith Piaf et la petite robe noire à la Bibliothèque Nationale

Avr 12, 2015 by

Du 14 avril 2015 au 23 août 2015François-Mitterrand / Galerie 2

« Allez, venez Milord… », « Non, rien de rien… », « Si un jour la vie t’arrache à moi… ». Les chansons d’Édith Piaf sont dans toutes les têtes ; quelques mesures, quelques mots suffisent à enclencher la ritournelle. Par sa voix, par son répertoire, par le roman de sa vie, la petite chanteuse des rues est devenue une vedette reconnue du music-hall, une des figures majeures de la culture populaire française et une icône internationale. Le centenaire de sa naissance offre une belle occasion de retrouver les grands moments de son histoire, au fil des enregistrements, des photographies, des affiches, des lettres, des programmes… et autour d’objets fétiches comme la célèbre petite robe noire.

Autour de cette petite robe noire, nous vous proposons à nouveau  une rencontre avec Ginou Richer qui fut pendant la période des compagnons de la chanson, la secrétaire – confidente d’Edith Piaf.

Ginou Richer , 16 ans, rencontre Edith Piaf par l’intermédiaire de son amoureux Guy Bourguignon qui appartient aux Compagnons de la chanson. La description de sa rencontre avec ce dernier est savoureuse:  » Je me promenais aux Champs Élysée lorsque j’ai été accostée par un jeune homme qui m’a fait la cour de façon un peu leste en me déclarant que j’avais des yeux magnifiques. Je l’ai remballé, il s’est alors excusé et m’a dit : je me présente, je suis Guy Bourguignon, compagnon de la chanson. On les entendait souvent car c’était l’époque de leur succès Les trois cloches et moi j’étais fan d’Edith. Je l’ai laissé me revoir à la fois pour approcher Edith et aussi pour lui : c’est devenu mon amoureux, on a même eu des enfants. » Edith, je ne l’ai pas rencontrée tout de suite. J’ai suivi la tournée clandestinement car elle avait dit pas de bonnes femmes, pas d’histoires. J’étais donc obligée de rester enfermée dans la chambre de Guy toute la journée et je m’ennuyais à mourir. Un jour, elle a fini par le savoir. Elle est arrivée direct dans la chambre d’hôtel. Quand elle a vu que j’étais si jeune, elle s’est calmée tout de suite. Moi j’ai explosé de joie : pensez ! elle, juste devant moi ! mon idole. Du coup, elle s’est assise et on a bavardé. Et puis tout d’un coup, elle m’ a demandé si je savais faire des mises en plis. Je lui ai dit oui. Elle m’aurait demandé si je parlais japonais je lui aurais dit oui aussi. Je me suis retrouvée dan sa loge tous les soirs à m’occuper d’elle. C’est devenu une amitié véritable qui a duré 15 ans. On faisait de ces blagues !!! Qu’est- ce qu’on a ri !!!! Pourtant on avait beaucoup de différence d’âge mais elle descendait à mon âge et moi je montais au sien. »

Histoire de vêtements, histoires de costumes.

La première petite robe noire. Lorsqu’elle rencontré Louis Leplée et qu’elle doit chanter pour la première fois elle se fabrique son costume de scène. Ce n’est pas une robe noire qu’elle possède mais une jupe noire qu’elle avait déjà. Pour faire un ensemble, elle s’est tricoté un pull. Seulement le jour de la première, elle ne l’avait pas fini, il lui manquait une manche. C’est la femme de Maurice Chevalier qui est intervenue dans sa loge et lui a enroulé un foulard foncé autour du bras. Elle l’a perdu en chantant mais ce n’ était pas un problème puisqu’elle a fait un triomphe. Pour Marion Cotillard ( qui a interprété Édith Piaf dans le film la Môme) la robe est une copie conforme car elles ne font pas la même taille. Marion fait 1M72 alors qu’ Édith faisait 1M46

Les États-Unis. Avant d’aller aux États Unis, on allait chez les plus grands couturiers, elle prenait toute une garde robe car elle disait  » Tu comprends Ginou, à l’étranger on représente la France ». Je devais être bien habillée aussi car on était tout le temps ensemble. Elle était à la Maison Blanche, à l’ambassade et il fallait toujours que je sois assise à côté d’elle en dépit du protocole. Le manteau en castor. Lorsqu’elle a rencontré Marcel Cerdan qui a été son grand amour, elle portait tout le temps un manteau en castor. A chaque fois qu’ils se voyaient, elle l’avait. Elle ne l’a plus mis à la mort de Marcel. Elle me l’a donné car elle ne pouvait plus le porter… Je l’ai toujours.

Témoignage recueilli par Sylvie Perault

Il existe plusieurs petites robes noires, la Bibliothèque nationale de France a reçu l’une d’entre elles ainsi qu’ un ensemble de documents offert par Danielle Boinelle secrétaire de la célèbre chanteuse. L’inventaire du fonds Edith Piaf est consultable sur la catalogue Archives et manuscrits http://archivesetmanuscrits.bnf.fr

« Grâce à la générosité de sa secrétaire, Danielle Bonel, un ensemble de documents concernant Edith Piaf (1915-1963) est entré à la BNF. La tradition de n’exclure aucune forme de spectacle, héritage de la collection fondatrice d’Auguste Rondel (1858-1934)s’est poursuivie jusqu’à nos jours au département des Arts du spectacle. La chanson dite « réaliste » trouve donc naturellement sa place dans les collections du départements, la récente entrée de documents concernant L’Homme de la Mancha de Jacques Brel, acquis en vente publique en témoigne. Au nombre des fonds concernant la chanson, il faut maintenant compter le généreux don fait en juin 2008 au département, secrétaire mais aussi éclairagiste d’Edith Piaf. Il s’agit d’un ensemble de documents de toutes natures, concernant principalement les dernières années de la carrière de la chanteuse. Il comprend des manuscrits de chanson, des programmes et affiches de spectacles, des photographies à la ville et à la scène, des brassées de lettres d’admirateurs ainsi qu’un certains nombres d’objets personnels. Et également un émouvant document sonore peu connu : la dernière interview de Marcel Cerdan, enregistrée juste avant son embarquement dans l’avion à bord duquel le grand boxeur, cher au cœur d’Edith, a trouvé la mort. A ce bel ensemble s’ajoutent des costumes et, parmi eux, deux exemplaires de la fameuse petite robe noire. L’image d’Edith Piaf est indissociablement liée à cette tenue, et ce n’est pas par hasard. En effet, la grande chanteuse tenait à ce costume de scène pour sa sobriété et sa simplicité, souhaitant que son apparence ne distraie pas l’attention des spectateurs. On lui a plusieurs fois demandé d’en changer pour des costumes plus avenants, mais du haut de son 1m47, le moineau au caractère bien trempé a toujours refusé… »(C. OBLIGI pour la BnF)

 

L’exposition est une  opportunité pour comprendre quelle femme fut Édith Piaf, fille de saltimbanques et emblème populaire, amoureuse à vif et rieuse infatigable, chanteuse à la carrière exceptionnelle et véritable légende, car le destin de Piaf ne lui appartient plus, il est passé dans notre mémoire collective, et sur nos lèvres.du 14 avril 2015 au 23 août 2015François-Mitterrand / Galerie 2

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