Auteur : Le cerpcos
La première publication du collectif va bientôt être effective, elle déclinera le thème de l'homme en animal sur scène. Thème aussi ancien qu'actuel puisqu'on ne compte plus les oeuvres écrites, jouées, dansées qui ont ce sujet en commun.
Le projet a vu le jour lors de la collaboration de S. Perault avec le CNCS de Moulins pour l'exposition " bêtes de scène", nous vous renvoyons d'ailleurs au très beau catalogue qui accompagna cette manifestation en 2006.
Cependant, en dehors du théâtre et des spectacles, la préoccupation justifiée à propos de l'environnement provoque un regain d'intérêt à propos de la nature, des animaux et de la relation homme - animal. Articles divers, publicités aux personnages mi-humains, mi animaux témoignent de l'actualité du propos malgré son ancienneté. Ainsi, bien que nous soyons éloignés des premières représentations pariétales, il apparait que des interrogations fondamentales continuent de se poser sans être pour autant résolues.
Nous portons notre pierre à l'édifice dans un ouvrage pluridisciplinaire qui comportera trois entrées principales : le théâtre et les spectacles bien sûr mais aussi l'ethnologie et l'anthropologie qui convoquent les interrogations des origines dans la relation homme - animal et, spécificité de notre collectif, une entrée savoir -faire qui donnera place aux problèmes techniques que posent la création de costumes animaux, leur port et leur entretien.
Entrée ethnologie-anthropologie.
Les danses du cerf des moines tibétains.
Par
Nathalie GAUTHARD. Maître de conférences en ethnoscènologie, spécialiste des aires culturelles tibétaines. UFR LASH – université de Nice Sophia Antipolis.
Résumé.
Présente dans la plupart des écoles bouddhiques tibétaines et dans la religion bön (pré-bouddhique), la danse du cerf a différentes fonctions et significations selon le contexte dans lequel elle est effectuée. Loin de tomber en désuétude dans le contexte de l’exil tibétain, cette danse a adaptée pour des « spectacles-rituels » et exportés sur les scènes internationales. Ariane Mnouchkine dans son spectacle Et soudain des nuits d’Eveil, illustrant le drame de l’exil tibétain, met en scène une danse de cerf apprise par le Tibet an Institute of Performing Arts. Quelques années plus tard, le Théâtre du Soleil accueille la «troupe» des « Danses sacrées du Tibet » du monastère de Shechen avec au programme une autre danse du cerf.
Cet article entend présenter une étude comparative de ces formes qui tendra à mettre en exergue la problématique sous-tendue par l’incarnation de l‘homme en animal sur scène.
Incarnation ou interprétation ? L’homme animal et la métamorphose dans leur mise en scène en contexte nord-amérindien.
Par
Marie GOYON. CREA (Centre de Recherches et d’Etudes Anthropologiques)
Université Lyon 2, Faculté de Sociologie et Anthropologie.
Résumé : L’auteur s’interroge sur l’idée d’incarnation ou de représentation de l’homme-animal dans le contexte rituel nord-amérindien. Elle souligne les différents aspects du rapport au « naturel » dans ces sociétés et notamment leur conception spécifique du Vivant. Elle dégage un système connectiviste articulé autour de trois axes : continuité, transgression et métamorphose. Les rapports taxinomiques entre les espèces étant bouleversés, les contraintes de figuration de l’animal ne sont plus celles de la représentation fidèle et réaliste, mais liées à son incarnation par le « figurant » rituel ou le danseur, démonstration faite en suivant l’exemple de la figure mythique de Coyote et de la Danse du Serpent-Antilope chez les Pueblos du sud-ouest des Etats-Unis. Mots-Clés : rituel, incarnation, métamorphose, rêve, cosmologie.
L'homme- ours dans les cortèges masqués de la chaine alpine.
Par
Valentina Porcellana. Docteur en anthropologie et épistémologie de la complexité, qu’elle a obtenu après une double maîtrise en Dialectologie italienne et en Anthropologie des sociétés complexes. Chargée de cours en Patrimoine ethnologique à l’université de la Vallée d’Aoste.
Résumé : L’homme-ours est l’un des personnages rituels les plus fréquents dans les cortèges masqués alpins, représentations symboliques complexes liées aux rites de passage. De nombreux masques animaux, y compris celui de l’ours, prennent part à l’action avec de nombreux autres personnages et masques. Au réveil de sa longue léthargie hivernale, l’ours devient le masque-guide du cortège carnavalesque, symbole du réveil printanier et prophète de la nouvelle année agricole, trait d’union entre nature et culture, sauvage et rationnel. La tradition paysanne veut qu’au cours de la nuit entre le 1er et le 2 février l’ours sorte de son terrier et qu’il observe le ciel : si la lune est pleine, il reprend son sommeil pendant quarante jours ; au contraire, si l’on est en nouvelle lune il sort parce qu’il sait que la belle saison commence. L’action carnavalesque commence avec l’habillement de l’homme-ours. Il se met un déguisement fait de peaux de chèvre ou de plumes de poule ou de cordes de paille. L’habillement a lieu dans un endroit écarté car l’identité de la personne masquée doit rester inconnue. Quelques collaborateurs fidèles seulement peuvent contribuer au long travail de préparation de l’homme-ours. Capturé par les chasseurs, l’animal est ensuite enchaîné et emmené dans les rues du village, raillé et pris à coups de bâtons par les présents. On lui fait boire beaucoup de vin, qu’il recueille en réalité dans une gourde qu’il cache sous ses habits pour le partager ensuite avec les amis à la fin de la représentation. Après avoir visité les étables du village, il est emmené à la danse où une jeune femme arrive à l’apprivoiser. Généralement son tempérament violent disparaît seulement après qu’il a été rasé et reconduit à des formes plus humaines. On a des témoignages de déguisements avec des peaux d’ours à partir de l’Âne d’or d’Apulée, du 2ème siècle après J.C. Le personnage de l’ours a été rapproché, au cours des siècles, à des êtres démoniaques ou, dès l’avènement du Christianisme, à Lucifer. Au cours du Moyen-Âge, l’ours s’unit charnellement à la femme pour donner la vie à l’homme sauvage qui vit dans la forêt et qui possède des pouvoirs exceptionnels.
Entrée Théâtre.
Quand l’habit fait le moineau. Ornithisation des hommes et humanisation des oiseaux.
Par
Lefki Papachrysostomou Docteur en lettres classiques, master en arts du s pectacle,spécialiste des comédies d’Aristophane et du théâtre antique.CERTA (Centre d’Études et de Représentations du Théâtre Antique), Université de Bretagne Occidentale), Brest.
Et
Emmanuel Gouabault, Docteur en sociologie,spécialiste de la relation homme-animal et de l’imaginaire contemporain.IRSA – CRI (Institut de Recherche en Sociologie et Anthropologie, Centre de Recherche sur l’Imaginaire), université Paul-Valéry), Montpellier III.
Résumé : En se référant à une mise en scène grecque des Oiseaux d’Aristophane, les auteurs ont choisi de mettre en évidence les processus d’ornithisation des Hommes et d’humanisation des oiseaux, à la fois dans le texte d’Aristophane et celui de son adaptation mais également à travers les costumes et le jeu d’acteur. Cette analyse est soutenue par une catégorisation des personnages selon un continuum oiseau-homme-dieu. Ainsi, les auteurs peuvent conclure sur le paradoxe de l’opposition et de la complémentarité qui caractérisent les valeurs associées ici à l’Homme et à l’Oiseau. Mots-clefs : Aristophane – Les Oiseaux – Ornithisation/Humanisation – Continuum oiseau-homme-dieu
Quand le masque animal entre en scène.
Par Anne Sophie Lelong, conservateur. Ancienne élève de l’école du Louvre.
Résumé : La compagnie dirigée par Jean-Louis Barrault a usé du masque animal dans plusieurs de ses pièces. Loin d’être simplement un déguisement ou un support de jeu pour l’acteur, le masque zoomorphe se révèle au cours de la représentation comme le médium qui permet l’apparition de la bête sur scène. Grâce à sa présence, l’assemblée réunie se transporte dans un autre monde où vit une humanité animale. A travers cette dernière, les spectateurs peuvent contempler les dérives de notre société. Mots-clés : théâtre, Barrault, masque, animal, métamorphose.
Virtualités et limites de l’animisme sur scène : Le cas de La Forêt mouillée de Victor Hugo.
Par Sylvianne Robardey – Eppstein, Professeur assistant, chargée de recherches, université de Stockholm, Suède. Spécialités : dramaturgie romantique, théâtre du XIXe siècle, didascalies, Victor Hugo.
Résumé.
La Forêt Mouillée de Victor Hugo présente la particularité de proposer une distribution où les animaux ont la meilleure part. Cette pièce, considérée injouable par l'auteur, a pourtant donné lieu à des expériences scéniques. L'article étudie les virtualités de l'animisme sur scène à travaers deux conceptions radicalement opposées : celle de la création à la Comédie-Française en 1930, et celle de Bernard Turle qui a intégré la Forêt Mouillée dans un spectacle musical lors du festival de Carnoules en 2002.
Mots Clés : Victor Hugo, La Forêt Mouillée, animal, féerie, costumes.
Perroquets et cobayes, une œuvre du chorégraphe Jan Fabre.
Luk van Dries.
L'oeuvre théâtrale de Jan Fabre est conçue comme une quête de l'essence d'un art contaminé. Elle montre la contamination par la vie, la mort, le hasard. La vie est représentée par l'apparition du corps qui parle, sue, dégage une aura, attire ou rebute. [...] Les animaux qu'il met en scène catapultent le spectateur dans le temps du hasard: ils introduisent un autre temps, le temps réel d'ici et maintenant.
L'homme en animal au cinéma ou la métaorphose d'un corps intercesseur.
Par Michaël BOURGATTE. membre du centre Norbert Elias, Equipe Culture et Communication. Université D'Avignon.
La représentation au cinéma d’un animal incarné par un homme, soit par l’utilisation d’un subterfuge technique, soit par le jeu du comédien, conduit, dans tous les cas de figure, au dévoilement d’un être hybride. Si les modèles de mises en scène sont divers, autant d’un point de vue discursif que dans la façon de symboliser la métamorphose, l’apparition de cet être hybride constitue toujours le pivot d’un schéma narratif fixe révélateur de formes d’interactions immuables entre les personnages.
Anima, animé, animation : déclinaisons scéniques de l’animal dans le théâtre de Mabou Mines Par Marie Pecorari. Ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure de Cachan et agrégée d'anglais. New-York University.
Lee Breuer (1937-), dramaturge, plasticien, metteur en scène membre du collectif expérimental new-yorkais Mabou Mines, conduit une recherche sur l’animal au théâtre depuis 1970. Dans une série de spectacles –les « Animations »–, il interroge la représentation de l’animal sur scène, en partant d’une réflexion sur le dessin animé.
Entrée Savoir -faire.
Usages de la Plume et son application sur scène.
Sylvie Perault, ethnologue. Enseignante à Paris VIII (études théâtrales) et à l'ENSATT ( Lyon.)
D'abord réservée aux élites, l'usage de la plume est chose courante parmi les aristocrates. Cependant le port est d'abord masculin et guerrier. lorsque Louis XVI le roi danseur, met en vogue le ballet de cours, La plume est l'élément qui met le point final à une tenue d'apparat et de scène. Les premiers plumassiers du spectacle s'implante à cette période. L' article se propose d'observer l'usage de la plume sur scène et son évolution jusqu'à nos jours où il ne reste plus que deux plumassiers français. Où l'on voit que du ballet de cour à la revue de music-hall, la plume reste associée à un certain genre de spectacle en fonction des époques.
La réalisation du costume d’un membre du chœur pour un opéra : L’Elixir d’amour, de Donizetti.
Sophie Galamé, costumière.
Mis en scène par Omar Porras pour l’opéra de Nancy et de Lorraine. La réalisation du costume s’est déroulée dans l’atelier de l’opéra de Nancy décembre 2005 - janvier 2006.
Les costumes de clown blanc réalisé par G.Vicaire.
Anne Tricaud, conservateur chargé des textiles. MUCEM( EX Musée des Arts et Traditions Populaires.)
Parmi les différents costumes de clown blanc réalisé par G.Vicaire, certains présentent des animaux. Choix et techniques.