Deux Blanche Neige… sinon rien ( 2)

Avr 13, 2012 by

Blanche Neige et le chasseur

Autant Mirror, Mirror flirte avec la comédie hollywoodienne mâtinée d’une touche Disneyland même si l’équipe s’en défend (évacuation de certaines couleurs pour rompre avec cet environnement), de fait on sent bien que le spectateur ciblé est la jeune fille en devenir. Une fillette assez grande pour être sensible au propos  et s’en amuser (on pensera à l’application Iphone «  habille toi-même Snow white ».)  Autant l’autre version qui sortira en juin prochain the Hunstman s’adresse à sa grande sœur et…à son grand frère. L’ambiance est inquiétante et la palette de couleur est sombre : déclinaison de noir, brun et bleu qui confère une atmosphère étouffante annonciatrice de mort. On passe du merveilleux au fantastique et tout est fait dans les décors, la mise en scène et les costumes pour que le spectateur sente le mal s’insinuer progressivement. Kristen Stewart  semble abonnée à ce genre et habituée auxbatailles et aux  vilaines bébêtes, elle passe de Twilight qui l’a révélée à un rôle de Blanche Neige quasi mystique puisque telle Jeanne d’Arc en armure elle ira bouter le mal hors de son château et de ses terres.

Elle est sans doute signe de ralliement aux « jeunes ciblés » car comme Twilight déjà nommé une trilogie est prévue en cas de succès au box-office : les frères Grimm doivent se retourner dans leurs tombes respectives.  Cette idée de trilogie évoque aussi le seigneur des anneaux car l’ambiance y est similaire et   les scènes de batailles sont dans la même veine.

La démarche du point de vue des costumes est à l’opposé de la version avec J.Roberts. L’ambiance se veut médiévale au sens large du terme (d’un point de vue strictement historique, la période dure 1000 ans…) par ambiance médiévale il faut donc penser aux références visuelles des spectateurs et imaginer armures, combats et robes de cour ad hoc, avec des hommes habillés façon Brave Heart. Ici c’est la multi-oscarisée Collen Atwood (Alice au pays des merveilles, Sleepy Hollow, Journal d’une geisha) qui a créé les costumes. Elle explique sa démarche :

« Les comédiens recherchent chacun leur personnage de façon tellement différente… Je pense que parfois, ils ne réalisent pas qu’ils l’ont déjà trouvé. Cela se voit au moment où ils mettent leurs cheveux de telle façon ensuite enfilent leur costume et ça y est on voit que le personnage est là. Parfois, ils ont besoin d’un changement complet, maquillage compris pour exprimer le héros ;

Blanche Neige

Pour approcher le costume de Blanche neige, je me suis attachée à de nombreux petits détails : les couleurs de son père par exemple et j’ai trouvé ce très beau gris qui sert de fond de robe et éclaire le dessus grâce à des manches ballons en crevé. Il y a de nombreux messages dans son costume mais on ne les reçoit pas de façon consciente. On voit au niveau du buste des vestiges de son ancienne condition :  une robe faite avec soin comme pour n’importe quelle jeune fille de qualité. Il fallait que s’exprime le fait qu’elle est peut-être princesse mais qu’elle a la vie dure, donc très éloignée des contes de fées habituels. En dessous elle a un pantalon en cuir et des bottes qui lui permettent des «  performances » sportives car il y a beaucoup d’action dans le film. Le bas de la robe s’abime peu à peu plus sa condition devient difficile pour disparaitre complètement et devenir tunique dans la fuite. Cela nous montre que son état de princesse est un temps révolu.


Blanche-Neige et le Chasseur (Snow White And The… par Lyricis

L’armure a une place spéciale puisqu’elle exprime le moment où elle décide d’être à la tête de son potentiel peuple. Elle n’a pas eu le temps d’avoir une véritable armure en tant que telle. Elle est donc constituée de différents morceaux d’armures qui montrent qu’elle est prête à se battre quoiqu’il arrive.

La reine Ravenna

Il était difficile de travailler le personnage de la Reine Ravenna sans tenir compte de l’avis d’une personnalité comme Charlize Théron. Nous avons eu beaucoup de plaisir à retravailler son personnage afin de dépasser le cliché de la méchante reine et exprimer celui d’une personne qui s’enferme peu à peu dans une forme de folie. Pour l’exprimer, j’ai changé progressivement les matières dont sont faites les robes. La forme ne change pas mais elles sont de plus en plus liées à la mort et prennent un aspect spectral. Il y a toujours des éléments annonciateurs de sa malfaisance et associés à la mort : lorsqu’elle se marie, son col est construit de très petits os de squelettes, ensuite sa cape est en plumes de corbeaux etc. Elle n’a pas besoin d’armes, elle est une arme. En tout cas, j’espère que mes costumes aideront le film à trouver sa voie. »

Notons que les Blanche Neige d’aujourd’hui dans les deux versions du conte ne subissent plus leur jeunesse et leur beauté comme dans les années 30. Et au lieu de faire le ménage chez les 7 nains et d’attendre un éventuel prince, elles prennent les armes et font courageusement face à l’adversité.

©Sylvie Perault  14/04/12.

Sources : Snow white and the Hunter, Behind the costume design MTV Movie, interview du 9/12/11; dossier de presse, Imdb .com, clothes on film, Beyond Hollywood .com

Pour citer cet article : Perault Sylvie/wwww.cerpcos.com/ deux Blanche Neige -dossier 2 -04.12