Deux Blanche Neige…Sinon rien (1)

Avr 12, 2012 by

 

Il arrive souvent que les projets au théâtre ou au cinéma se croisent et le spectateur se trouve bien embarrassé car il se trouve face à une même œuvre qui est adaptée de façon différene. Sans faire une recherche exhaustive on pensera aux deux Liaisons dangereuses de la fin des années 80, dont la version de Frears a remporté tous les suffrages ; en France deux Guerre des boutonsen 2011, l’œuvre étant tombée dans le domaine public. Cette année les USA vont nous proposer deux versions du conte Blanche Neige, (dont la version la plus connue est celle des frères Grimm, classifiée 709 chez Aarne-Thomson en ethnologie) ;

La version que nous verrons le plus rapidement est celle du réalisateur Tarsem Singh, film qui devait s’intituler premièrement  » Mirror, mirror », une version « fun » où Julia Roberts découvre avec plaisir, apparement, l’incarnation d’un rôle de méchante. Une ambiance colorée, kitsh où les personnages sont retravaillés et suivent – peut être- l’évolution de nos mentalités.

La créatrice Eiko Ishioka

L’ambiance du film doit beaucoup aux costumes de la créatrice Eiko Ishioka que nous connaissons tous sans forcemment le savoir. Cette dernière a été révélée au Festival de Cannes de 1985 avec le film Mishima de Paul Schrader où elle obtient le prix pour la meilleure contribution artistique. Eiko Ishioka est ensuite distinguée pour la pochette de l’album Tutu de Miles Davis et pour les décors de Mr Butterfly à Broadway avant de décrocher l’Oscar des meilleurs costumes pour le film Dracula de Coppola.

Les costumes

Plus de 4000 costumes ont été confectionnés pour le film complétés par 600 autres issus de la location. On notera aussi la création de masques, de bijoux et de chapeaux. Les maquettes ont davantage été traitées comme des concepts lesquelles devaient révéler les subtilités psychologiques des personnages. Par exemple, lors du bal Blanche Neige porte une rbe blanche peu décolleté et porte un cygne stylisé en guise de chapeau. Il est censé évoquer la fin de la dépendance et le désir de liberté l’envie d’échapper à la reine.

Les costumes de cette dernière, pointus, épaulés, l’abondance des tissus, les collerettes imposantes sont là pour évoquer puissance et danger.

Après que ses maquettes aient été validées par le résalisateur, les costumes des personnages principaux ont été réalisés par Tricorne Costume, Jennifer Love Costumes, Costumes Carelli et Eric Winterling Costumes. Le reste du casting a été pris en charge à Montréal par des costumiers et des artisans locaux. Certaines couleurs comme le orange ont été supprimés afin de s’éloigner de l’ambiance Disney.

Les robes réalisées sont étonnantes par leur circonférence : la moyenne est de 6 mètres, à chaque fois il a fallu environ 40 m de tissu par robe, des paniers appropriés ainsi que des corsets qui modèlent les silhouettes féminines et expriment la noblesse. La robe de mariage de la belle-mère pesait à elle seule plus de 20 kg et son tombé avoisinait 8 mètres de diamètre. Le réalisateur Singh avec qui elle collaborait depuis longtemps disait  » dès l’instant où j’ai travaillé avec Eiko, il n’y en a pas eu d’autres. J’étais sûr d’avoir quelque chose de fantastique dans les deux sens du terme ».

Un final

Pluridisciplinaire dans les arts du spectacle, elle a également imaginé les costumes de l’opéra de Richard Wagner L’Anneau du Nibelung, réalisé le vidéoclip Cocoon pour pour la chanteuse Bjork. Elle créé également les costumes de la tournée Hurricane pour Grace Jones etc.

Le cinéma n’était pas, on le voit, son activité principale mais elle a cependant collaboré régulièrement avec le réalisateur Tarsem Singh depuis The Cell, thriller où une psychanalyste plonge dans l’esprit d’un tueur pour sauver sa dernière victime. Son univers baroque propose une relecture de différentes périodes : l’époque victorienne avec le Dracula, de Coppola, aux étranges costumes expression des fantasmes de la psychanalyste incarnée par Jennifer Lopez dans the Cell, jusqu’au kitsch généré par son dernier film Blanche Neige, réinterprétation enjouée du costume de cour et ses contraintes physiques.

« Comme tous les grands artistes dans le monde, Eiko comprend ce qui se passe dans d’autres cultures, en plus de ses propres et en se plongeant dans eux ; Elle est capable de créer des oeuvres qui sont des mélanges uniques. Son œuvre transcende les frontières à plusieurs niveaux, car elle refuse de s’en tenir à une convention particulière moyenne. » Francis Ford Coppola.

Blanche Neige est son dernier film, car l’artiste vient de nous quitter le 21 janvier dernier de suites d’un cancer. Le Hollywood reporter du 14 mars 2012 parle de final éblouissant à la carrière de la créatrice qui  » élève un conte de fée à celui de spectacle. « 

Sources : Hollywood reporter ; dossier de presse ; Sheknows entertairment, IMDb ; le Figaro et le Nouvel Observateur du 27/01/2012 ; NY Times du 26 /01 /2012

10/04/12 Sylvie Perault IET Paris 3

Pour citer cet article :    Perault Sylvie/wwww.cerpcos.com/ deux Blanche Neige -dossier 1 -04.12

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