César 2018 : Mimi Lempicka et « Au revoir là-haut »

Fév 19, 2018 by

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Albert Dupontel, acteur et réalisateur.

Parmi les films qui caracolent et seront sûrement récompensés  » Au revoir là-haut  » tiré du livre éponyme et prix Goncourt. Une reconstitution des horreurs de la première guerre mondiale  et de ses conséquences en particulier, les fameuses gueules cassées qui donnèrent leur nom à une loterie qui va durer jusqu’en 1974 ( financement d’une aide spéciale) et sera remplacé ensuite par le loto.

  C’est Mimi LEMPICKA  qui a été chargée de reconstituer cette époque en costumes. Nous la connaissons déjà très bien puisque parmi la quantité de films où elle est intervenue nombreux sont ceux qui ont marqué de façon indélébile les jeunes de cette époque. Elle gagne ses galons avec Le Grand Bleu d’Eric Besson, mais on lui doit aussi     – en tre autre – Les Beaux Gosses, Cloclo et pour la TV le Bureau des légendes. basefilm_10898_affiche_1Une trentaine de films qui montre la créativité et l’inventivité de la costumière.  Discrète sur les plateaux T et autres médias, c’est donc par une présence longue et sans cesse renouvelée de son travail que l’on peut l’approcher. Au revoir là haut est intéressant pour les mordus de costumes car s’il traite de la première guerre mondiale,  le nombre impressionnant de civils permet un eau travail de création. On voit grâce à la maquette proposée la prédominance des couleurs sombres portées par le monde masculin

Maquette de Mimi Lempicka pour "Au revoir là -Haut"

Maquette de Mimi Lempicka pour « Au revoir là -Haut »

tandis que les femmes tel un renouveau printanier éclairent l’environnement et ce même, s’il s’agit de figuration. Les soldats, sont traités de » façon classique »  puisque le costume militaire correspond à des normes fixées dans le marbre

Maquette et recherches de tissu .

Maquette et recherches de tissu .

Mais on ne peut pas attirer l’attention sur la création des masques qui complètent le personnage principal et qui parle d’une réalité : le fabrication d’un visage pour gueule cassée. La première fut une femme sculpteur, Jane Poupelet  qui dès 1918, accompagnée de l’américaine Anna Ladd,  créée des masques pour soulager tant bien que mal la douleur de ces hommes. On peut en lire davantage  sur http://next.liberation.fr/culture/2005/11/11/l-art-repare-les-gueules-cassees_538705

Aujourd’hui c’est la créatrice Cécile Kretchmar qui achève le personnage avec une création remarquable et remarquée qui a eu droit pour cela à un bel article dans Télérama consultable ici  :  http://www.telerama.fr/cinema/cecile-kretschmar,-lorfevre-des-masques-de-au-revoir-la-haut,n5465238.php

Elle explique que « Tous les masques étaient prêts pour les répétitions et le tournage, qui a commencé en mars 2017. « Cent pour cent faits main et made in France », aurait-elle pu inscrire sur une étiquette… « Pour ne pas sous-traiter et pour ne pas qu’on soit trop nombreux dans l’atelier, j’ai fait bosser ma fille Célia. Jamil nous a aidés pour les courses, acheter le plâtre, produire des éléments avec l’imprimante 3D », explique Cécile. C’est en fait toute la famille de Cécile Kretschmar qui est présente dans les masques :  le visage d’Itto, sa deuxième fille, a été moulé pour le masque de la lune, son autre fille, Chucha, s’est occupée des perles et des décorations d’une autre pièce, quand son fils, Meimoun a notamment conçu des origamis pour une autre création.« 

Cécile Kretschmar, créatrice des masques photo L.Crespi

Cécile Kretschmar, créatrice des masques
photo L.Crespi

Un coup de projecteur indispensable qui rappelle  tous les métiers nécessaires à la construction du personnage et au jeu de l’acteur . Il est indispensable de s’y habituer. Stefano Perocco di Méduna qui a aussi eu ce genre de demande mais pour le théâtre, explique que les repères sensoriels sont changés lorsqu’on porte un masque. ( Exposition et catalogue Artisans de la scène, la fabrique du costume, CNCS Moulins).

Un film qui a donc des voix et des missions  multiples outre le divertissement que procure le cinéma, la dénonciation de cette guerre, c’est  le moment idéal pour rappeler les usages multiples des savoir-faire.

 

 

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