BOTTIER

mar 23, 2012 by

Qu’est-ce que c’est ?
Le bottier du spectacle fabrique sur mesure des chaussures spécialisées pour le spectacle, le théâtre ou le cinéma. Chaque bottier peut avoir sa spécialité, Chaque domaine de la scène implique d’être chaussé d’une façon caractéristique : le danseur de claquettes ou la danseuse espagnole ont besoin d’un type de chaussures particulier. Au théâtre la semelle doit conserver de très prés la forme et l’aspect de l’époque représentée. Alors que dans le lyrique, pour des raisons d’équilibre sur scène, toutes les chaussures ont des talons, même si à l’époque elles n’en avaient pas.

BOTTIER

BOTTIER

Qui fait quoi ?
IL reste aujourd’hui peu de bottiers du spectacle, ceux qui ont encore pignon sur rue ont leur propre spécialité : à Paris par exemple l’entreprise familiale Clairvoy est spécialiste des variétés, du cirque et du music hall alors que Jean Claude Wagner de l’Opéra du Rhin est un des derniers, sinon le dernier bottier d’Opéra en France. La maison Galvin /Pompeï fournit en majorité le cinéma.
Il existe quelques bottiers aux statuts sociaux divers qui vont intégrer un lieu en fonction de la demande puis partir ailleurs une fois la mission terminée. Ils n’apparaissent pas dans les coulisses. Lorsque des chaussures s’abiment en raison d’une utilisation longue le fabriquant s’occupe de la remise en état.

Etapes de fabrication
Matériaux utilisés :
Le bottier utilise essentiellement le cuir, les peaux, le liège, le bois et le caoutchouc. La maison Clairvoy a de plus en plus de difficultés à réassortir les matériaux comme les talons en bois de formes spécifiques (on ne fabrique plus que des talons en plastique de taille standard pour l’industrie) ainsi que les cuirs teintés car il n’existe plus de teinturier pour chaussures.

. Prise de mesures, exécution des patronages puis coupe (comme dans la couture.)
.Le mécanicien apprêteur assemble les différentes pièces coupées et les pique.
. Le monteur entre en jeu, il monte les tiges sur des formes en bois. Ensuite, il faudra attendre que la chaussure sèche.
. Au bout d’environ 48 heures, le tout est monté sur des semelles, puis il y a les talons à mettre.
. Si besoin est, la décoration est l’ultime étape (pose de bijouterie par exemple)
. Dans le cas de réparations il est fréquent qu’une personne soit uniquement chargée de cela, par exemple, des sacs de réparations arrivent du music hall chez Clairvoy.
Témoignages« Il y a eu tout en même temps, les problèmes de personnel, car le notre était âgé, les problèmes de fournitures .Nous travaillons avec des matières nobles, eh bien ! Figurez-vous qu’il n’y aura bientôt plus de fabricants de talons en bois. C’est idiot n’est ce pas, pour nous c’est dramatique. Les peaux encore, à la rigueur… Il n’y a qu’une maison en France qui fabrique des talons en bois, et encore c’est une faveur. Ils nous les font en petite quantité.
C’est toujours pareil, lorsqu’on commande des wagons entiers, personne ne refuse… Aujourd’hui les talons pour chaussures de ville sont tous en plastique. Ce type de problème s’accumule, maintenant nous vivons au jour le jour, année par année. Pour trouver des fermetures éclairs, des boutons de bottines, des choses bêtes comme cela, c’est la galère.
Nous sommes toujours confrontés à quelque chose : les semelles changent et ne se fabriquent plus comme avant, alors un bottier du spectacle qui a juste besoin de quelques talons en bois… On ne s’en préoccupe pas vraiment. Nous avons parfois de grosses commandes mais cela n’équivaudra jamais à une commande d’usine.
Et les peaux ! Les couleurs de peaux !!! Dans un spectacle, on va vous dire « je veux une couleur comme ceci ou comme cela » Aujourd’hui c’est la croix et la bannière pour trouver des coloris. Autrefois il y avait des teinturiers pour les chaussures, il y en avait un ou deux maintenant c’est fini personne n’a pris la suite, ce métier n’existe plus. Alors maintenant, on ne peut pas trouver des peaux exactement de la couleur du costume. Ce qui est dommage d’ailleurs, car la teinture n’est jamais exactement, exactement de la même couleur. Nous sommes obligés de prévenir qu’il va falloir restreindre ce genre de demande, surtout pour un montage de spectacle. »
Mr et Me Tanguy, Maison Clairvoy.
Les originesLA CORPORATION DES MAITRES BOTTIERS.
L’histoire des bottiers est liée à celle des cordonniers :
La botte et sa fabrication sont une spécialité qui naquit des différentes modes et engouements. Dès le treizième siècle, l’usage des bottes, bottines et brodequins est mentionné dans différents ouvrages dont le roman de la rose. Sous chaque règne un style de botte sera en vogue comme par exemple la mode des bottes “molles” en cuir de Russie sous Henry IV ou les bottes à entonnoir sous Louis XIII. En 1663, Lestage maître cordonnier de Bordeaux, offrit au Roi Louis XIV une paire de botte : « faites sans qu’il n’ait pris de mesures et sans qu’on y aperçoive une seule couture » in Dictionnaire des métiers et profession. Louis XIV en fit son cordonnier ordinaire et lui accorda des armoiries.

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