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Le petit linge au théâtre et au cinéma : la jarretière.



Le petit linge est tout ce que porte l'acteur ou le comédien à même le corps. Non visible du spectateur la plupart du temps, il constitue souvent un des éléments qui aide à aller vers le personnage. En effet il conditionne un maintien particulier, une démarche spécifique.
Le témoignage d'Agnès Evein costumière créatrice marié à celui d'Anne Tricaud, conservateur du patrimoine au MUCEM, nous permet d'en savoir davantage.
Une vidéo d'Anne Tricaud :

http://www.tv5.org/TV5Site/publication/galerie-101-4-Par_Anne_Tricaud_Conservateur_du_patrimoine.htm


Une jarretière est une pièce de vêtement masculin ou féminin consistant en un ruban ou une bande élastique placé au-dessus ou au-dessous du genou, et servant à maintenir et tendre les bas ou les mi-bas. La jarretière a pour  étymologie le mot « jarret » (partie de la cuisse située derrière le genou).
La jarretière obtient ses lettres de noblesses au XIVe siècle, avec la création de « l’ordre de la jarretière » par le roi Edouard III d’Angleterre. Aujourd’hui, la jarretière n’est plus utilisée que lors des mariages, où la coutume veut qu’elle soit conquise par le plus offrant. La jarretière sera peu à peu remplacée par le porte-jarretelles, qui aurait été inventé par Féréol Dedieu, vers  1876 dans un objectif médical : il s’agissait d’éviter les problèmes de circulation sanguine dues aux lacets ou rubans que les femmes mettaient pour maintenir leurs bas qui leurs compressaient les cuisses.
Un système se répand en Angleterre et aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle. En France, le porte-jarretelles connait le succès dans les années 1930 grâce au couturier Paul Poiret. Son emploi se généralise après la Seconde Guerre Mondiale, en raison de l’abandon du corset.

Lors de tournage de films la construction  du personnage et sa crédibilité passe aussi par la réalisation d’une silhouette conforme à l’idée que le spectateur se fait d’une période définie. Subtil équilibre entre  la reconstitution, l’évocation et l’invention. Notre collègue Agnès Evein  faisait allusion  à la résistance de certains acteurs qui devaient mettre des jarretières lors du tournage du téléfilm Rabelais (Qui sera proposé à la télévision courant 2010). C’est ignorer que la pièce de petit linge était mixte et non pas exclusivement féminine. Cette croyance est due au rituel de noce qui consiste à mettre aux enchères la jarretière de la mariée au profit du nouveau couple. L’allusion sexuelle et « évolution de la mode en ont fait un attribut exclusivement féminin  qui  a  effacé son utilisation des origines.