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Colloque Costume et Cinéma en Avignon


  Les Mercredi 27 et Jeudi 28 Janvier 2010 est organisé le colloque Costume et Cinéma par le Master 2 Stratégies du Développement Culturel, Mention Publics de la Culture et Communication de l’université d’Avignon.

Les invités – de la costumière à l'ethnologue, du directeur de la photographie à l'historien,  de l'archiviste au sociologue, de la plus proche confidente d'une artiste à l'économiste, ...  –  échangeront sur l'objet costume de cinéma: ses fonctions dans l'œuvre cinématographique, sa place hors de l'instant-film, sa relation au créateur/technicien artistique/acteur/spectateur et à leur imaginaire, sa conservation et sa mise en exposition, ...

Les cinq tables rondes se tiendront en salle 2E08, site Ste-Marthe. renseignements : http://www.projet-cinecostum.c.la/  

Il s'agit de proposer autour de cinq tables rondes et plusieurs invités une réflexion sur le costume de cinéma. Qu'est-il dans le film et que devient-il hors de l'instant film ?
Nous aborderons entre autres la place de l'imaginaire, les diverses fonctions du costume, ses évolutions, déclinaisons, et les nouvelles perspectives induites par les technologies numériques.
Ces approches ne sont que quelques parmi d'autres, et la conception de ces journées de séminaire est en cours. Au fur et à mesure des semaines qui viennent, les sujets seront amenés à se préciser, se compléter entre eux, dans un soucis de cohésion.  Des infos :
 http://www.projet-cinecostum.c.la/  

Note d’intention du projet études
De la guêpière d’Alice Sapritch au masque de Dark Vador : le costume comme vecteur d’un imaginaire.
Conscients de la nécessité patrimoniale de la conservation des costumes et accessoires de cinéma, Didier Jovenet et Romain Leray ont fondé, dans cette optique, l’association Ciné Costum’. Cette dernière compte actuellement plus de 3000 costumes constituant par leur diversité une véritable histoire du cinéma mondial. Dans le cadre d’un partenariat entre cette association et l’Université d’Avignon, nous étudions les relations entretenues entre cinéma et costume.

L’intérêt de ces relations réside dans les nombreux angles de vue disponibles à leur étude. En effet, la simple définition du costume ou la mise en valeur d’un corps de métier à travers cet objet peut nécessiter un travail de recherche à lui tout seul. Or, la particularité du cinéma réside dans le fait qu’il s’agit d’une pratique collective de sortie. Nous avons donc choisi d’orienter notre réflexion sur le public, et plus spécifiquement sur le rôle du costume au sein du pacte de réception. En effet, le lien que le public entretient avec le costume, élément matériel, peut être appréhendé au moment de l’expérience cinématographique à travers l’écran, mais aussi à l’extérieur de la salle de projection par sa mise en présence directe avec l’individu.

Ainsi, au même titre que d’autres éléments constitutifs du film, tels que les choix de mise en scène ou les décors, le costume contribue, pour le spectateur, à la création d’un imaginaire. C’est pourquoi, il nous apparaît pertinent d’organiser notre réflexion autour de la notion d’imaginaire.

Problématique

« Hors de l’instant film, dans quelle mesure le costume de cinéma mobilise-t-il un imaginaire ? »

Pour construire notre réflexion autour de cette problématique, nous avons choisi d’utiliser la théorie de Edward T. Hall développée dans son ouvrage La dimension cachée (Seuil, Paris, 1971), et plus particulièrement une de ses observations. Celle-ci se construit sur le concept de proxémie qui renvoie aux distances physiques au cœur desquelles s’effectuent les interactions entre les individus.
Ce concept permet en effet à l’auteur de distinguer les quatre espaces physiquement mesurables que chaque individu construit autour de lui. L’espace de l’intime, distance qui permet seul le chuchotement, celui du personnel, qui permet les interactions amicales, celui du social et enfin, l’espace public.

En nous éloignant d’un lexique axé sur les interactions et en envisageant ces espaces d'avantage comme des identités propres, nous souhaitons, à travers l’utilisation de cette théorie, appliquer ces différentes sphères aux différents imaginaires mobilisables par la mise en présence du costume.

Plan envisagé

I-Saisir le costume en effeuillant l’intime : mobiliser l’imaginaire individuel.

Il s’agit ici d’envisager le rapport à l’imaginaire intime, crée par la mise en présence de l’individu avec le costume, en dehors de l’écran. Par intime, nous entendons l’imaginaire développé par l’individu dans son histoire personnelle. En insistant sur la différence entre l’intime et le personnel, le premier ne pouvant être partagé avec les autres.

a.L’importance des théories de la réception
b.L’envers du décor : l’importance de voir ce qui se cache derrière l’écran, via le costume.
c.Le fétichisme : rapport personnel que l’individu construit avec un acteur.

II-Du désincarné à l’incarnation : mobiliser l’imaginaire personnel.

Alors que le costume se retrouve désincarné, hors du corps de l’acteur, hors de la salle de projection, nous pouvons imaginer que l’individu, en tant que spectateur, mobilisera un certain imaginaire lié à l’univers cinématographique pour s’approprier cet élément tangible.

a.Mobiliser un imaginaire spécifique lié au cinéma : le rapport à l’œuvre (film, réalisateur, costume).
b.Mobiliser un imaginaire spécifique lié au corps de l’acteur.
c.Les communautés de fans et le rapport au personnage.

III-Le costume comme cristallisation des formes sociales : mobiliser l’imaginaire collectif.
a.Le costume est envisagé comme ancré dans une époque, représentation d’un temps sociétal, qui fera sens pour le groupe.
b.Les catégories de personnages dans l’imaginaire collectif : le costume est entendu comme participant à la création d’un archétype (Exemple de l’imperméable pour le détective).
c.Les représentations mentales : il s’agit des costumes de film qui n’ont pas été vus mais qui suscitent tout de même un imaginaire.

En conclusion, nous pensons, dans une continuité logique mais probablement trop hâtive, aborder le mouvement du «voir ensemble» au VIP (Very Important People). Un sentiment de privilège que pourraient avoir les individus mis directement en présence du costume sans l’intermédiaire de l’écran. Comprendre de quelle façon et si réellement cet acte collectif par lequel nous voyons ces costumes devient ou non un acte individuel, par lequel chacun cherche à développer une position de VIP.