Accueil -> Actualité(s)

Une exposition sur les ateliers et les costumes de la Comédie Française.


La Comédie-Française met à l’honneur ses métiers, le savoir-faire des ateliers, qui, dans l’ombre de la scène, œuvrent pour la réussite du spectacle. Les métiers du costume et de l’habillement sont essentiels au comédien, lorsque naît le personnage dans sa nouvelle peau au cours des répétitions, mais aussi pendant la représentation, quand il faut en changer, et que cette mue difficile nécessite l’aide de mains  bienveillantes auxquelles il s’abandonne.
Muriel Mayette .
Du 22 septembre 2009 au 10 janvier 2010 , théâtre du vieux colombier, 21 rue du vieux colombier
 Paris 6ème. Entrée libre.
 


Le service des costumes et de l’habillement a pour mission la réalisation des costumes nécessaires aux spectacles de la Comédie-Française. Son fonctionnement actuel porte encore l’héritage de son lointain ancêtre, le  magasin d’habits, né au XVIIIe siècle. L’évolution institutionnelle, la structuration progressive en ateliers et en régies, suit l’histoire du costume de théâtre au sein de la Comédie-Française, au fil des réformes du costume et de la mise en scène. Le costume, d’abord placé sous la responsabilité du comédien qui entretient et enrichit sa garde-robe, est pris en charge progressivement par le théâtre, en particulier à partir du moment où apparaît l’exigence d’adapter le costume au sujet de la pièce, réflexion qui naît vers le milieu du XVIIIe siècle sans pour autant s’imposer, puis qui connaît une nouvelle impulsion à la veille de la Révolution sous l’influence du néoclassicisme, et enfin son épanouissement avec le romantisme. Au XIXe siècle, le magasin d’habits, dont le nom indique bien la fonction principale de stockage, s’enrichit de costumes toujours plus nombreux. Il est règlementé, contrôlé, entretenu par un personnel de plus en plus qualifié et s’organise peu à peu en service de production. Le terme de « costumier » désigne d’abord le responsable chargé de la réalisation des costumes, entrepreneur sous contrat avec la Comédie, que l’on distingue du « dessinateur », qui lui est chargé de la conception des costumes, matérialisée dans la « maquette ». À la fin du XIXe siècle, on engage un dessinateur à demeure qui supervise également la fabrication. Le service connaît un nouvel essor avec l’arrivée de l’administrateur Édouard Bourdet en 1936 et les metteurs en scène du Cartel, qui introduisent une nouvelle vision de la mise en scène et du costume. L’ensemble de la « décoration », décor et costumes, est supervisé par une seule et même personne qui maîtrise la dimension esthétique du spectacle dans sa totalité. Service de production, le service de l’habillement est désormais chargé d’exécuter un projet proposé par un« costumier » au sens moderne du terme, artiste souvent extérieur à la maison, qui s’associe au propos du metteur en scène. Parmi les nombreux métiers qui gravitent aujourd’hui autour du service de l’habillement, certains ont quasiment disparu à la ville. La tradition et l’excellence des savoir-faire orientent toute l’activité du service qui met à l’honneur des métiers d’artisanat ancestraux et l’art toujours renouvelé des artistes du spectacle.
Agathe Sanjuan Conservateur-archiviste de la Comédie-Française

Exposition réalisée par la bibliothèque-musée de la Comédie-Française avec la collaboration du Service des costumes et de l’habillement. Théâtre du Vieux-Colombier .