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La robe Chinoise QUIPAO au cinéma

La Robe Chinoise – Qipao au cinéma. Eléments de recherches rassemblés  par LIU Chen-Ying
 
Alors que tous les regards se tournent vers la Chine, nous vous proposons ce mois ci les éléments de recherches réunis par une des étudiantes de S. Perault à propos de la robe Quipao.
Bibliographie sur demande.
La QUIPAO , d’origine mandchoue est portée par les femmes, modernisée et mise à la mode au début du XXe siècle à Shanghai sous le nom de changshan qu'elle a gardé dans le sud de la Chine (cheongsam en cantonais ).
La qipao a été popularisée dans l'imaginaire occidental surtout par le cinéma shanghaien, où figuraient des actrices en vogues parées de ce vêtement mettant en valeur les courbes féminines. Plus récemment, le film In theMood for Love a remis ce vêtement à la mode en Occident. Mais, C’est dans les années 1930 que la qipao a été à la mode pour la première fois. D’une part, elle s’harmonisait à l’esthétique de cette époque et présentait la silhouette filiforme des femmes chinoises. D’autre part, les actrices la portaient souvent en public. Elle est donc devenue le symbole du goût chinois. En y ajoutant des touches occidentales, par exemple La robe mandchoue fendue sur les côtés est le costume autochtone des Chinoises, elle met en relief la beauté des courbes féminines et constitue la quintessence des parures chinoises.
Avant la dynastie des Qing, le costume traditionnel des Han se caractérisait par la robe et les manches larges. Les hommes comme les femmes semblaient corpulents. Au XVIIe siècle, la robe des femmes mandchoues se répandit parmi les Han. Ces dernières furent enchantées, parce qu'avec le qipao, elles n'avaient plus besoin de pantalons, de veste ni de jupe, un ensemble de vêtements très compliqué, et que le petit col droit et la ligne svelte répondaient bien aux exigences de la morale féodale et à la recherche de beauté des femmes. Très vite, la robe mandchoue devint  la robe à la mode  recherchée par toutes les Chinoises.
Le terme qirenqui signifie « gens des bannières » ) désignait les Mandchous pendant la dynastie Qing. La qipao, de qi et pao, robe ample et longue, désignait le costume porté à l'origine par les femmes mandchoues et de rigueur à la cour. Dans sa forme originelle il s’agissait d’un vêtement ne révélant rien des formes corporelles, convenant à toutes les silhouettes et tous les âges. Il s'agit d’une robe d’une seule pièce avec un (col Mao)  ou col scindé, qui descendait à l’origine jusqu'aux chevilles. Les dessins du tissu sont des symboles de bon augure et protecteurs.
 C'est à Shanghai au début du XXe siècle qu'elle prit sa nouvelle forme près du corps. Comme elle se combine facilement avec des vêtements de coupe occidentale,  elle représente la Chinoise moderne, au commencement de la République de Chine (1912). En lien avec l'évolution de l'esthétique, le modèle du qipao n'a cessé d’évoluer. D'abord, la robe droite a été améliorée  par une coupe amincie à la taille qui mettait en valeur la courbe du corps. Puis, vers 1920, les manches sont retirées.
 Par la suite, les modèles de ville ont raccourci jusqu’en-dessous du mollet. À partir de la fin du XXe siècle sont apparus dans les collections de prêt-à-porter pour les jeunes des modèles s'arrêtant au-dessus du genou. Les manches, longues au départ, ont rapidement fait l’objet de diverses variations : courtes, absentes, ballon, etc.  Les modèles les plus courants offrent une ouverture sur le côté, au niveau des cuisses, qui permet une plus grande liberté de mouvement, en-dehors de son avantage esthétique. La robe était  fermée en haut sur le devant, à l'aide de boutons chinois. Aujourd’hui, elle se ferme sur le côté grâce à une fermeture à glissière.
 
Symbole du capitalisme, la qipao a été interdite en Chine sous Mao Zedong, où les bleus de travail et les vestes molletonnées des classes paysannes et laborieuses étaient la tenue de rigueur.  Jusqu’à son retour récent dans les collections internationales, elle était l’apanage des femmes d’un certain âge ou des grandes occasions. Le matériau de choix pour une qipao est la soie.
 
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Le film   In the Mood for Love.
En chinois : Fa yeung nin wa花樣年華est un film hong-kongais réalisé par Wong Kar-wai, les décors et les costumes ont été réalisés par le décorateur William Chang Suk Ping.
L’histoire
En 1962 à Hong Kong, M. Chow, rédacteur en chef d'un journal local et Mme Chan, secrétaire de M. Ho, emménagent avec leurs conjoints, le même jour, dans des appartements voisins, le premier chez M. Koo et la seconde chez Mme Suen. La femme de M. Chow est souvent absente et le mari de Mme Chan est fréquemment parti à l'étranger. Très vite, ils vont comprendre que leurs conjoints respectifs entretiennent une relation amoureuse adultère en secret. Ensemble, M. Chow et Mme Chan vont tenter de saisir les éléments de la rencontre des deux amants et surtout la façon dont est né cet adultère. Mais l'amitié débouche rapidement sur d'autres sentiments.
Cette histoire d’amour est faite de retenue, d’ambigüité, de charme, de délicatesse. Il est encore plus troublant de savoir que le réalisateur ne savait pas la fin qu’aurait cette rencontre sentimentale : cela la rend encore plus réelle même si elle est tellement éthérée que le choc des corps (amour physique) est difficilement imaginable. 


Les robes Qipao d’In the mood for love.
 
L’actrice principale est  magnifiée dans son corps même, grâce aux robes Qipao que porte l’héroïne : environ une vingtaine tout au long du film. Près du corps sans être moulantes, elles rendent dignes un tour de rein, un port de tête, un placement d’épaule. Le travail de William Chang, chef décorateur et costumier, a permis de remettre au goût du jour ces robes au début beaucoup moins seyantes.
Les tissus choisis, très différents de ceux utilisés le plus souvent de nos jours (tissus fleuris bas de gamme chinois), permettent une élégance raffinée sans être trop sophistiquée.

 
Pour confectionner cette robe, il ne faut pas moins de 13 mesures prises dans un unique pan de tissu. Celles –ci sont : 


-La hauteur de l’épaule, juste au dessus de l’articulation, à la hanche
- la largeur des épaules
- la hauteur du début de l’articulation de l’épaule au début de l’avant-
bras
- le tour en haut de l’avant-bras
- le tour de poitrine
- le tour de taille
- le tour de hanche
- le tour de bas hanche
- la hauteur de l’épaule, juste au dessus de l’articulation, à la naissance de la  poitrine.
- la hauteur de l’épaule, juste au dessus de l’articulation, au nombril
- la hauteur de l’épaule, juste au dessus de l’articulation, à la naissance du fessier
- la distance entre les deux pointes des seins.
- le tour de cou.

 Ces petits détails - mesures uniques pour chaque femme - permettent de mettre en valeur les silhouettes des asiatiques et de certaines autres bien sûr les coupes diffèrent selon les années.  Celle qui a le plus de succès correspond à la coupe dite des années 40.
La qipao se caractérise par la couture à la main alors que les costumes occidentaux sont faits à la machine. Par exemple, le liseré: le travail à la main injecte de la mobilité au liseré sans affecter la souplesse de la robe alors que le liseré fait avec la machine est plat et rigide.
Aujourd’hui en Chine, on dit que les filles à la mode invitent leur tailleur au cinéma pour qu’il voie les qipao portées par Maggy Cheung et puisse en confectionner à l’identique pour elles. Puis peu à peu l’intrigue du film est oubliée cependant, on se souvient toujours de la vingtaine de robes ravissantes portées par la comédienne. La qipao lui sied parfaitement, rehausse son élégance et sa grâce et illustre son goût à la chinoise. Les boutiquiers sont sans doute plus contents que les investisseurs de ce film, parce que beaucoup de femmes ont voulu acheter une qipao pour suivre la mode après avoir vu ce film. Ce style de  robe est ainsi redevenue en vogue. Aujourd'hui, le modèle a déjà connu un changement considérable. En conservant la quintessence traditionnelle, les tailleurs essaient de combiner la robe mandchoue avec le style occidental pour satisfaire l'esthétique des jeunes femmes.
L’actrice Gong LI fit sensation à Cannes en portant lors d’une des  cérémonies du festival une nouvelle version de la quipao : les épaules nues, le décolleté important et le col montant constituent un changement sans précédent par rapport au conservatisme  traditionnel des vêtements portés par les chinoises. En Chine, cette robe provoqua un vif débat sur la question de l’esthétique orientale et occidentale ainsi que l’attitude à l’égard de la tradition. Une controverse qui s’est amoindrie peu à peu car il est désormais accepté que l’Orient et l’Occident ne soient pas des entités antipathiques, surtout lorsque le bon goût est au rendez-vous…