Gaby Deslys et les prémices du music-hall

Sep 24, 2018 by

Gaby mon amour  un spectacle sur la  chanteuse et meneuse de revue Gaby Deslys

Grande vedette de la chanson, du caf’conc’et de la revue au début du XXe siècle, originaire de Marseille, elle fut le modèle qui a inspiré Mistinguett (cette dernière fut sa doublure avant d’embrasser la carrière que l’on sait). Gaby Deslys est ressuscitée et sortie de l’oubli grâce à un spectacle charmant et original intitulé Gaby mon amour sur une idée et une mise en espace de Jean Christophe Born. Cette artiste disparue trop tôt (au cours des années 20) a pourtant posé sa pierre à l’édifice music-hall en inventant « la descente d’escalier », incontournable dans toute revue qui se respecte et ce, grâce à une contrainte scénographique : l’espace était peu profond, on inventa donc une forme de descente  originale et risquée  dans la revue de J. Charles  Laisse les tomber (1917).

Jean Christophe Born s’exprime sur le travail de recherches en amont et la création de costumes. Car ceux –ci ont été réalisés dans l’atelier de Geneviève Sevin-Doering ancienne du TNP, laquelle a initié la coupe en un seul morceau au théâtre.

Gaby mon amour

Je suis artiste lyrique et j’aime faire le lien entre ma vie et mon lieu de vie qui est Marseille. J’ai commencé par l’opérette marseillaise et travaillé sur le local. Ensuite j’ai rencontré Gaby qui une personnalité complètement oubliée du grand public.  C’est pourtant une immense vedette au début du XXe siècle. Par exemple, c’est une des premières à traverser l’atlantique pour aller à Broadway où elle a créé 4/5 spectacles… Il y a donc aussi des archives aux USA. Nous chantons son répertoire et cela a donné à un gros travail de recherches. J’ai mis 3 ans pour collecter, choisir, adapter.

La création de costumes  a exigé qu’ils retrouvent l’esprit inventif, extravagant et audacieux de l’époque  Nous avons travaillé sur photos et cartes postales. Il n’y a plus qu’in ou deux films mais ce sont des «  films flammes ». Qui s’enflamment rapidement et qui sont en cours de numérisation. explique Mireille Doering Nous avons fait quelques achats et utilisé le fonds de l’atelier en plumes et autres objets brillants ; Jean Christophe a beaucoup ennobli des robes et des chapeaux.

Jean Christophe Born au travail.

Jean Christophe Born au travail.

En fait cela lui a permis de dessiner le personnage dans l’espace, de le faire surgir. Il fallait que ce soit frappant. C’était important de pouvoir travailler avec celui qui a conçu le spectacle. Cela permet de servir l’idée qu’il en a et d’être au plus près de l’image de la meneuse.

Ma mère, Geneviève Sevin-Doering  a travaillé la fripe pour « la Folle de Chaillot » avec Edwige Feuillère par exemple. Elle s’’est un peu radicalisée avec la coupe en un seul morceau mais ce n’est pas une religion. L’esprit de cette démarche est important mais on peut aussi travailler autrement.FB_IMG_1537801916419

Ainsi on va trouver de cette méthode et du sur-mesure, de l’ennoblissement.  Pour les chapeaux par exemple, nous avons acheté la base puis nous avons travaillé avec les conseils d’une modiste spécialiste des spectacles de variétés.  Car la légende dit que c’est elle qui a inspiré le chapeau de My fair Lady lors des courses à Ascott. Et le travail n’est pas terminé car au fur et à mesure que le travail s’étoffe, il y a de nouveaux personnages comme les danseurs. Les représentations aux USA nous ont aussi beaucoup apporté !

Gaby, Mon Amour – Théâtre Déjazet 

www.dejazet.com/spectacles/gaby-mon-amour/

41 Boulevard du Temple – Paris 3ème – Métro République. 01 48 87 52 55. Théâtre Déjazet. Site officiel

 

 

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